
Un avenir trouble se dessine dans le secteur du bâtiment, à l’échelle locale comme nationale. Le président régional actuel de la Fédération française du bâtiment (FFB), Patrick Poisson, souhaite relayer les inquiétudes de l’ensemble du secteur avec "des enjeux importants et graves". Dans la région Centre-Val de Loire, 41.000 salariés (ils sont 14.500 dans le Loiret) et 18.000 entreprises (dont 4.000 dans notre département) sont menacés.
"Des difficultés qui demeurent"
Son successeur, Anthony Laudat, élu en juin, qui ne prendra ses fonctions que le 25 septembre en raison du contexte, détaille : "Le retour à une situation normale ne doit pas dissiper les écueils rencontrés et un certain nombre de difficultés qui demeurent devant nous."
Aujourd’hui, selon une enquête du réseau des Cellules économiques régionales de la construction, 95% des chantiers ont pu reprendre. À certaines conditions néanmoins.
Un plan contraignant et coûteux
22% d’entre eux se trouvent encore en activité réduite. La limitation de la coactivité – superposition d’équipes différentes – et la prise en compte des gestes barrières empêchent un rythme normal et entraîne des surcoûts. Résultat : des délais d’exécution distendus et une production en berne. Concrètement, le futur président illustre son propos :
"Un électricien et un plaquiste qui travaillent habituellement en binôme, ne le peuvent plus. Une perte de temps qui a des conséquences, principalement pour le second œuvre."
Comme des coûts en forte hausse, liés à la crise sanitaire. Patrick Poisson argumente, inquiet, en donnant des chiffres :
"Avec une augmentation de 5 à 10%, comment voulez-vous que le secteur s’en sorte alors que les marges brutes n’excèdent pas en moyenne 2% ; les entreprises perdent de l’argent en travaillant !"
Sans compter la baisse attendue de 18% des activités en 2020.
Une réaction attendue des pouvoirs publics
Pour répondre à ces enjeux tragiques, la FFB souhaite lancer un plan d’action sectoriel d’urgence. Les professionnels demandent, à court terme, la prise en charge des surcoûts sanitaires, l’annulation des charges fiscales et sociales, ainsi qu’un taux réduit de TVA sur l’ensemble des travaux de rénovation. Des mesures qui pourraient "rebooster rapidement l’activité", selon le secrétaire général, Cyril Debert.
Premières victimes à déplorer, les apprentis, qui représentent entre 15 et 20% des effectifs. "Nous avons besoin de travail pour ces jeunes, et non d’argent. On ne va pas leur faire balayer les ateliers si on a aucune activité", tonne Anthony Laudat.
En cause, selon eux, la passivité des pouvoirs publics : "C'est un bel euphémisme que de dire que la réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur", enchaîne Patrick Poisson. Les deux présidents terminent en sommant la Région de réagir au plus vite : "Elle fait la sourde oreille, nous attachons pourtant beaucoup d’importance à une réaction locale."
Un avenir post-Covid qui s’annonce peu enthousiaste pour les professionnels de ce secteur, qui représente tout de même 8% du PIB national.
Action Logement Centre-Val de Loire déploie plusieurs mesures pour aider les salariés
Erwan Morvan
July 24, 2020 at 12:00PM
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Crise - La Fédération française du bâtiment du Centre-Val de Loire lance une alerte sur la santé de son secteur - La République du Centre
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